Maladie à virus Ebola

1. La maladie

2. Conduite à tenir

3. Prise en charge en France

1. La maladie

La maladie à virus Ebola est une maladie très grave et souvent mortelle appartenant à la famille de virus Filoviridae.
Les premières épidémies survenues dès 1976 touchaient des villages isolés d’Afrique centrale, mais les épidémies plus récentes touchent également de grands centres urbains.

Descriptif

La période d’incubation varie entre 2 et 21 jours.
La forme initiale, se caractérise habituellement par un syndrome pseudo grippal d’apparition brutale (fièvre, myalgies, arthralgies, céphalées) et une profonde asthénie psychomotrice, généralement suivie au bout de 3 à 4 jours de signes cliniques cutanéo- muqueux (conjonctivite, exanthèmes maculeux ou maculo-papuleux, dysphagies) et digestifs (diarrhée, vomissements).
La maladie évolue ensuite sur une altération de l’état général (asthénie croissante, fièvre persistante et perte de poids) qui peut être progressive ou biphasique (le patient peut s’améliorer sur un intervalle de quelques jours).
En phase terminal le patient présente des signes neurologiques d’encéphalite (de l’obnubilation au coma, agitation, épilepsie) ainsi que des signes hémorragiques (saignements aux points de ponctions, gingivorragies, hématémèses, mélénas, selles sanglantes, épistaxis, hémoptysies, hémorragies génitales, hématomes).

D’autres signes cliniques ont été rapportés tels que hoquet, paresthésies, acouphènes, trismus, hépatomégalie, splénomégalie, pancréatite, uvéite, parotidite, orchite, et douleur thoracique.

Les formes hémorragiques conduisent au décès dans 80% des cas environ 8 jours après l’apparition de la fièvre. Autrement la guérison est sans séquelles, mais la convalescence est longue avec notamment une asthénie prolongée sur plusieurs semaines et des arthralgies.

La transmission

Il semblerait que certaines chauves-souris frugivores soient les hôtes naturels du virus. Elles contamineraient les populations animales des forêts africaines tropicales (chimpanzés, gorilles, ou autres singes, antilopes des bois, porcs-épics ou d’autres chauves-souris frugivores). Puis le virus se propagerait  dans la population humaine - par contact avec ces animaux infectés - pour donner lieu ensuite à une transmission interhumaine.

Cette transmission est possible par :

  • Contact direct (d'une muqueuse ou peau lésée) avec le sang ou les fluides biologiques (larmes, salive, lait maternel, sperme, sueur, selles, vomissements) de personnes infectées, à la phase d’état de la maladie, après le décès, et même par voie sexuelle jusqu’à plusieurs mois après la guérison.
  • Par contact indirect d’environnements contaminés par ces liquides.

Les risques pour les voyageurs

« En situation d’épidémie dans une zone géographique identifiée […], le risque de survenue, en France, d’un cas importé de maladie à virus Ebola devenant symptomatique dans les 3 semaines qui suivent le retour est jugé faible mais ne peut être totalement exclu.
L’existence d’une épidémie dans une zone géographique identifiée ne doit pas faire oublier que d’autres pathologies infectieuses fébriles peuvent se déclarer [sur place ou] au retour avec une probabilité supérieure à celle de la maladie à virus Ebola », comme le paludisme ou la  fièvre typhoïde par exemple.
Il est donc recommandé aux voyageurs - prévoyant un séjour dans de telles zones - de renforcer toutes les mesures préventives en rapport avec ces pathologies. D’autant plus que les pays actuellement touchés ont des systèmes de santé très fragiles que l’actuelle épidémie est encore venue affaiblir.

2. Conduite à tenir

  • Sur place

Un vaccin à été utilisé en Guinée lors de l'épidémie de 2016 puis en République Démocratique du Congo en 2018. Les mesures de protection individuelles sont le meilleur moyen de prévenir l’infection. Le ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes recommande l’observance des conseils suivants :
• Respect des consignes des autorités locales
• Respect des règles d’hygiène de base (notamment lavage fréquent des mains à l’eau et au savon ou avec une solution hydro-alcoolique)
• Eviter le contact rapproché avec des personnes ayant de la fièvre
• Eviter le contact avec des animaux sauvages vivants ou morts
• Ne pas consommer ou manipuler de viande de brousse
• Les produits animaux (sang, viande, lait,…) doivent être cuits soigneusement avant d’être consommés.
• En cas de fièvre sur place contacter les services de l’ambassade et un médecin
• En cas de fièvre à bord, prévenir immédiatement le personnel de bord

  • Au retour

« Toute personne ayant voyagé dans la zone affectée et présentant une fièvre supérieure ou égale à 38°C » constitue un « cas suspect » ou « cas possible » de maladie à virus Ebola ».
• Surveiller l’apparition de fièvre pendant les 3 semaines suivant le retour
• En cas de température supérieure à 38°C contacter le centre - 15 en  signalant le voyage (ne pas se rendre chez son médecin traitant ou aux urgences d’un hôpital) et appliquer des « mesures barrières » (éviter le contact direct et/ou aérien avec d’autres personnes)

3. Prise en charge en France

• Après appel au centre -15, si le patient constitue un « cas possible », il sera pris en charge « dans l’établissement de santé de référence de la zone de défense (service de maladie infectieuse et tropicale) ou dans un autre établissement de santé disposant de capacités opérationnelles de prise en charge Ebola » identifiés par l’ARS (agence régionale de santé).
• Le transfert de cas s’effectue impérativement par la régulation du SAMU – centre 15
• La prise en charge repose actuellement sur des soins de soutien précoces (réhydratation et traitements symptomatiques) qui améliorent tout de même le taux de survie. Aucun traitement homologué n’a pour l’instant prouvé sa capacité à guérir la maladie  mais des études sont en cours.

Sources : OMS ; DGE 

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