Coqueluche

1. La maladie

2. Géographie et voyages

3. Vaccination et traitements

La coqueluche est une infection respiratoire bactérienne. Elle est très contagieuse et généralement non fébrile. Elle se caractérise par une évolution longue et fatigante. L’issue est favorable chez les adultes et les grands enfants dans la grande majorité des cas. En revanche l’évolution est généralement plus sévère, pouvant même conduire au décès, chez les nourrissons.

En Europe, la coqueluche est redevenue une maladie fréquente de l'adulte jeune (faute de rappel de vaccin, notamment), ce qui peut être la cause de transmissions aux nourrissons non immunisés.

1. La maladie

Les symptômes

Après une période d’incubation pouvant durer 7 à 21 jours, la première phase de la maladie se caractérise par des symptômes d’infection respiratoire non spécifiques (éternuements, rhinite, toux, fébricule éventuellement) pouvant durer 1 à 2 semaines.

La deuxième phase définie la maladie. Elle consiste en des quintes de toux soudaines et violentes très caractéristiques : 5 secousses, suivie d’une longue inspiration bruyante appelée « chant du coq ». Elles peuvent engendrer suffocation, vomissements, apnées voire cyanoses (coloration bleue). Cette phase est très fatigante et dure généralement 2 à 4 semaines.

Dans la majeure partie des cas suit la phase de convalescence pendant laquelle les quintes de toux diminuent.

Si l’évolution est généralement favorable, la maladie peut évoluer sur différentes complications, notamment chez les personnes fragilisées : ORL (otites), pulmonaires (pneumonies, atélectasie), cérébrales (encéphalites) voire conduire au décès dans les formes les plus graves.

Les apnées et cyanoses sont plus fréquentes chez les nourrissons et constituent le risque de gravité pour cette catégorie de malades. L’hospitalisation est fréquente. Elle est systématique pour les enfants de moins de 3 mois.  

Une infection protège d’une nouvelle contamination pendant quelques années, mais ne confère pas une immunité à vie.

Cause

La coqueluche est due à une bactérie appelée Bordetella pertussis.

Transmission

La contamination se fait par voie aérienne (gouttelettes provenant du nez ou de la bouche d'une personne infectée, lorsqu’elle tousse) ou par contact direct avec une personne malade.

La contagiosité est maximale durant la première semaine de la maladie. Elle peut durer trois semaines en l’absence de traitement, mais seulement cinq jours après le début d’une antibiothérapie efficace.

La maladie se développe généralement par petites épidémies, notamment à l’intérieur d’une famille ou au sein d’une collectivité :

  • dans les pays où les enfants ne sont pas vaccinés, ils attrapent la maladie et se la transmettent entre eux ;
  • dans les pays comme la France, où les enfants sont vaccinés depuis des décennies, ce sont les adultes qui contaminent des nourrissons trop jeunes pour être immunisés. Ils peuvent également infecter des adolescents ou d’autres adultes, qui ne sont plus immunisés par le vaccin ou par une infection ancienne. C’est pour cette raison que les autorités sanitaires ont mis en place des campagnes de vaccinations visant à revacciner les jeunes adultes et les personnes ayant un nourrisson dans leur entourage direct.

2. Géographie et voyages

Répartition géographique

La coqueluche est une infection cosmopolite : elle sévit dans toutes les régions du monde. Cependant l’incidence est généralement plus élevée dans les pays les plus pauvres : les conditions de vie, l’accès aux soins et l’insuffisance des campagnes de vaccinations permettant plus facilement des flambées épidémiques.

Risque pour les voyageurs

Le risque de contracter une coqueluche à l’étranger n’est pas beaucoup plus important qu’en France.

Cependant les voyageurs peuvent être porteurs de la maladie s’ils ne sont pas immunisés par un vaccin ou une infection ancienne et le transmettre aux populations locales. Il convient d’être vigilant notamment quand le voyage prévoit des activités humanitaires ou éducatives auprès d’enfants ou de personnes fragilisées (malnutrition, séropositivité au VIH, femmes enceintes…), a fortiori quand le voyage prévoit un séjour dans un pays ou les infrastructures médicales sont insuffisantes.

3. Vaccination et traitements

 Vaccination

Le vaccin contre la coqueluche est associé au vaccin contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite et suit donc le même schéma vaccinal jusqu’à 25 ans :

  • une injection à deux mois et une à quatre mois ;
  • rappel à 11 mois ;
  • rappel à l'âge de 6 ans ;
  • rappel entre 11 et 13 ans ;
  • rappel à 25 ans.

S’il y a eu primovaccination dans l’enfance, un rappel à l’âge adulte suffit. Pour les personnes âgées de plus de 25 ans et n'ayant pas reçu les derniers rappels, un rattrapage pourra être proposé.

La vaccination contre la coqueluche est par ailleurs recommandée dans le cadre de la stratégie dite du "cocooning" :

  • chez les adultes ayant un projet parental avant tout début de grossesse ;
  • au cours de la grossesse, pour les enfants de la fratrie, le conjoint et les autres personnes susceptibles d'être en contact étroit avec le futur nourrisson au cours de ses 6 premiers mois (grands-parents, baby-sitters...) ;
  • juste après l'accouchement pour la mère et les autres personnes susceptibles d'être en contact étroit avec le futur nourrisson au cours de ses 6 premiers mois, si la mise à jour de la vaccination n'a pas encore été pratiquée.

Par ailleurs, la vaccination est recommandée aux professionnels de santé et de la petite enfance (surtout pour ceux travaillant auprès de nourrissons).

 (Sources : Ministère de la santé – Ameli-sante.fr).

Le traitement

Le traitement se fait par antibiotiques. Il est indiqué dans les trois premières semaines d’évolution. Il permet la réduction de la contagiosité et un retour plus rapide en collectivité.

Administré suffisamment tôt, il peut dans certains cas écourter la durée de la maladie voire même éviter la phase de quintes de toux. Par contre si le traitement est débuté pendant cette phase, il est inefficace sur l’évolution de la maladie et permet juste d’en réduire la contagiosité. Les autres thérapeutiques visant à réduire la toux sont généralement inefficaces.

Dans le cas spécifique des nourrissons de moins de 6 mois, le traitement doit se faire à l’hôpital afin d’assurer une surveillance cardiorespiratoire et certains soins visant à éviter l’asphyxie et  à maintenir une alimentation adaptée qui peut être difficile à domicile.

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